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L’ABSP› Fecteau F. et Maes R., « Les jeunes face à l’économie du savoir : quelles motivations pour l’engagement ? » (ST 10)
Fecteau F. et Maes R., « Les jeunes face à l’économie du savoir : quelles motivations pour l’engagement ? » (ST 10)
Fecteau F. et Maes R., « Les jeunes face à l’économie du savoir : quelles motivations pour l’engagement ? » (ST 10)
François Fecteau (Université Libre de Bruxelles, Belgique)
Renaud Maes (Université Libre de Bruxelles, Belgique)
Discutant : Jean-Louis Siroux (Université catholique de Louvain, Belgique)
Les jeunes face à lʼéconomie du savoir : quelles motivations pour lʼengagement ? La réforme du « paysage » de lʼenseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles promue par la ministre Marcourt (PS) a été votée par le Parlement le 6 novembre 2013. Ce décret prévoit que lʼenseignement supérieur soit piloté par une « académie » unique comportant notamment un conseil stratégique composé entre autres de représentants politiques et des milieux économiques, il « modularise » les parcours dʼétudes et institue des « pôles » provinciaux dʼenseignement, ayant notamment pour mission lʼorientation des étudiants. Les justifications données à lʼexistence des pôles font la part belle à lʼadéquation entre lʼoffre de formation et les besoins des entreprises locales. Le développement de « pôles » dʼenseignement épousant les contours des provinces, au service dʼune plus grande adéquation entre lʼoffre dʼenseignement et les formations spécialisées quʼexigent les entreprises sont à comprendre dans le spectre plus large des réformes de marchandisation de lʼenseignement supérieur qui sʼinscrivent dans le paradigme de lʼ « économie du savoir ». Ce dernier paradigme fait référence aux transformations socioéconomiques qui ont cours dans les années 1970, réinterprétées dans un programme politique qui vise à mettre les universités au service du développement économique. Avec lʼadoption de projets de loi inspirés des théories de la nouvelle gestion publique (NGP), les divers gouvernements, plus particulièrement ceux des pays membres de lʼOCDE, participent depuis les années 1980 à la mise au pas des systèmes dʼenseignement supérieur en vue de répondre, dʼune part à une demande de formation en « capital humain » ; dʼautre part, à la commercialisation de la recherche scientifique, notamment par le transfert technologique aux entreprises. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le programme de réformes de lʼ « économie du savoir » prend une forme particulière dans le cadre du Processus de Bologne, qui sʼinscrit dans la Stratégie de Lisbonne et de lʼEurope 2020, visant à faire de lʼEurope « lʼéconomie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Le récent projet de loi Marcourt pour réformer le « paysage » de lʼenseignement supérieur ne fait donc que recycler des thèmes déjà bien connus. Il sʼinscrit dans la continuité des mesures prises depuis les premiers plans de restructuration de lʼenseignement supérieur du milieu des années 80, et en particulier des deux grands plans de réformes de 1994 et de 2004. Alors que le financement de lʼenseignement supérieur subit les effets des restrictions budgétaires consécutives à la communautarisation de 1989, le décret de 1994 vise à faire des économies dʼéchelle par la fusion des instituts dʼenseignement supérieur au sein des « Hautes Écoles. Lors du débat sur ce décret, des soulèvements étudiants importants sʼétendent de décembre 1993 à novembre 1994. Pendant cette période, on observe notamment trois manifestations atteignant une participation variant entre 25 000 et 30 000 étudiants ainsi que de très nombreuses actions de plus d’un millier de personnes. Des négociations au terme de cette lutte du mouvement étudiant résulteront le remplacement des fusions obligatoires par la fusion volontaire des « Hautes Écoles » ainsi quʼune reconnaissance de la FEF en tant quʼinterlocuteur officiel du gouvernement. Cette reconnaissance aboutira en 2003 à un décret donnant un statut aux « organisations représentatives des étudiants », désormais systématiquement consultées sur tous les textes et dont la représentation est garantie dans les « organes consultatifs de lʼenseignement supérieur ». Lʼadoption, en 2004, du décret « Bologne » constitue une autre étape majeure vers le projet « dʼéconomie du savoir » : regroupant les universités au sein dʼacadémies organisées autour des trois « universités complètes » (ULg, ULB, UCL), prévoyant des incitants à la fusion des institutions ainsi regroupées, organisant une plus grande modularité des enseignements notamment via lʼusage des ECTS et rallongeant les études dans plusieurs filières pour les faire correspondre à la norme « bachelormaster » en « 3 + 2 » années, ce décret largement rédigé par les recteurs augure des fusions-acquisitions ultérieures (et de la disparition de trois « petites » universités : les facultés universitaires du Luxembourg et les facultés agronomiques de Gembloux, absorbées par lʼULg et les facultés universitaires catholiques de Mons absorbées par lʼUCL). Ce décret suscita trois manifestations faiblement médiatisées regroupant entre trois et huit mille étudiants. Le vote sur le nouveau décret « paysage » de 2013 sʼest déroulé dans un climat relativement consensuel, bien loin de celui qui a prévalu au vote du décret « Bologne » de 2004 et du décret « haute école » de 1994. Comment expliquer que le décret Marcourt réorganisant en profondeur la structure de lʼenseignement supérieur pour mieux la faire correspondre aux impératifs de lʼéconomie du savoir puisse de la sorte susciter aussi peu de contestations ? Alors que le mouvement étudiant en Fédération Wallonie-Bruxelles nʼa jamais connu autant de relais dans les sphères politiques et médiatiques, comment comprendre son absence de réaction visible par rapport au projet de décret ? Pour répondre à ces questions, nous avons opté pour une approche empirique. Tout dʼabord, nous avons esquissé une typologie de lʼimplication étudiante. Sur cette base, nous organisons quatre focus-groupes réunissant des étudiants issus de diverses composantes du mouvement étudiant et deux focus-groupes réunissant des étudiants impliqués dans la vie sociale à lʼuniversité, mais ne militant pas dans les organisations du mouvement étudiant. La confrontation des témoignages ainsi recueillis permettra de mieux appréhender les références structurant les différents types dʼimplications et, ce faisant, de mettre en évidence les spécificités de la démarche militante.
Section thématique 10 : Les formes de la contestation sociale belge face aux crises
Session 2 : Crises et questions sociétales : à quoi sert la contestation ?, vendredi 11 avril 2014, 13h30-16h00
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